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flexitarisme 22 février 2018

Le flexitarisme, compromis du futur ?

« Être » végétarien, végétalien, flexitarien : il s’agit d’une définition, voire d’une essence qui dépasse le cadre du régime alimentaire. De la radicalité au compromis, le choix du régime traduit avant tout un comportement et des convictions qui dépassent l’alimentaire.

Pourquoi la nouvelle vague végétalienne ?

Ainsi surnommée par les médias de manière récurrente depuis deux ans en France, le régime vegan inclut le régime végétalien dans un mode de vie qui dépasse le simple cadre de l’alimentation.

Le régime végétalien exclut tout produit animal ou issu de l’animal : viandes, poissons, lait, œufs, miel. Que reste-t-il alors : des graines, demanderont les plus sceptiques ? Tous les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales, les oléagineux, et de nombreuses cuisines étrangères (libanaise, asiatique, israélienne, méditerranéenne) permettent de s’adapter partout et en RHF. Ce qui reste encore une gageure pour la gastronomie française, une fois les soupes, salades ou ratatouilles mises de côté.

Reconsidérer les légumes à l’aune du véganisme : voilà ce que proposent les livres de recettes vegans, qui supplantent les matières animales des recettes traditionnelles par des matières végétales. Engouement pour les algues, les champignons, les mousses, les émulsions, les noix de cajou et les légumes secs, redécouverte du seitan : tout un programme qui perturbe encore bon nombre de restaurateurs ou de fournisseurs. La figure ennuyeuse et blafarde du végétalien s’efface alors devant une jeunesse revendiquant l’anglicisme d’un mot qui n’est pas seulement hype : il porte une identité et soude une communauté.

Car il ne s’agit pas d’un régime alimentaire mais d’un code de conduite : le vegan ne porte pas de cuir, ni de laine ou de soie, et n’utilise pas de produits testés sur les animaux, par exemple. Les végétaliens deviennent en général vegan, la partie du régime alimentaire étant de loin la plus complexe, en comparaison avec le mode de vie.

La réponse flexitarienne, le compromis du futur ?

Qualifié d’autarcique ou de radical, le véganisme, surreprésenté dans les médias par rapport à son nombre réel d’adeptes, fait face à une autre réponse qui tient plus du compromis : le régime flexitarien. Terme basé sur la flexibilité de la consommation carnée.

Selon Mediaprism, si 4% des Français ne consommaient jamais de viande, c’est surtout 26% de la population qui fait des repas sans viande ni de poisson au moins une fois par jour. Tel pourrait être le critère de définition des flexitariens : ceux qui ne consomment de la viande et du poisson que de manière occasionnelle et/ou font au moins un repas par jour sans ces aliments.

Si l’essor des convives choisissant le régime flexitarien fait moins de bruit que celui du véganisme, il pèse pourtant plus dans son incidence sur la consommation nationale de produits d’origine animale.

« Être » végétarien, végétalien, flexitarien : il s’agit d’une définition, voire d’une essence qui dépasse le cadre du régime alimentaire. De la radicalité au compromis, le choix du régime traduit avant tout un comportement et des convictions qui dépassent l’alimentaire.

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